herman de vries

le jardin sans jardinier (2009)

le jardin sans jardinier   le jardin sans jardinier

au début de l'hiver 1976, j'étais dans les montagnes du vaiais, en suisse. je me promenais sur des chemins étroits entre deux petits hameaux, les haudères et la sage. un jour, la neige était tombée, et les mélèzes répandaient dessus leurs aiguilles d'automne dorées.
les blocs de pierre, les herbes, la neige, les aiguilles me donnaient sans cesse l'impression de traverser des jardins japonais. cependant, les jardins japonais, les jardins zen avec leur fondement philosophique, auxquels je me sentais fortement renvoyé, sont mis en forme, soigneusement entretenus et maintenus dans un état déterminé.

mais là, j'avais sous les yeux un état spontané, en perpétuelchangement, et j'oubliai les jardins zen. là, les principes du jardin japonais étaient visibles partout, sans que la main du jardinier lui ait donné forme et l'ai entretenu. ainsi me tournai-je vers ce que la nature m'offrait et oubliai-je les règles des jardins auparavant tant admirés.
ils étaient là: spontanés, asymétriques, simplement sublimes, débarrassés du superflu, paisibles - et je me tournai définitivement vers la nature. tout y etait.
dans mon carnet de croquis, que j'ai intitule plus tard documents of a stream (documents d'un flot), je collai deux photos et écrivis [en français]:

'jardin sans jardinier'

et, en plus petit, 'critique sur les jardiniers zen', précisément à la sage!

ici, dans ce paysage paisible tout autour de digne, je le vois partout.
quel monde d'expériences évident!

source: herman de vries, 'le jardin sans jardinier', in exhibition catalogue herman de vries (Lyon/Digne-les-Bains 2009) [146-147].